cats-755915_1920

 

Ses tableaux au mur, seule elle les voit,
Ignorant combien leur beauté est bonne,
Si son art est faux ou très maladroit,
Puisque, pour le dire, il n’y a personne...

Quand elle s’assoit sur la véranda,
Un élan d’amour en son cœur déferle.
C’est grâce à ses chats ! Quand ils ne sont là,
Ils sont remplacés par un joyeux merle.

Il picore au pied du mur du voisin,
Soulève un caillou, pique un vers de terre,
Jusque quand survient un chat très malin.
L’oiseau noir prend peur et part réfractaire.

Il y a un trou dans un vieux muret.
C’est à travers lui que les chats sauvages
Viennent voir la femme. Oh, vont-ils durer
Encore longtemps, ces bons copinages ?

« Il en reste quoi ? De banals portraits
Tirés des photos dans les magazines !
Pourrons-nous gagner d’eux des intérêts ? »
Raillent à sa mort ses proches cousines.

Les chats ne pourront plus jamais manger
Sur la véranda de la vieille dame.
Un recueillement limpide et léger
Sifflera le merle en paix pour son âme.