Vois, mon faubourg amer
Si ancré dans ma vie,
Comme au sable la mer
Prisonnière infinie,
Tes fantômes torturent
Mes heures de sommeil,
Et, mon cœur, tu clôtures
Jusqu’à mon réveil.
Elle à côté de moi,
Je ne voyais tes peines,
Misère et désarroi,
Puisqu’elle était ma reine.
Et maintenant, mon âme,
Je traînasse, battu,
Dans tes rues. Et ta lame
Me transperce abattu.

Mon petit recoin de faubourg,
Avec ton rideau d’étoiles
Qui éclairent notre cour…
Tout, oh oui ! tout s’illumine
Quand elle retourne te voir.
Et chez moi, mes vieux chèvrefeuilles
Sont en fleur pour te recevoir.
Comme des nuages qui passent,
Mes chimères s’en vont,
S’en vont et ne repassent.

 

(Au début de cette vidéo, il y a ces mots : "Faubourg… Faubourg amer, tu m'as cloué sur une croix". La bande est extraite du film "Tango bar", 1935.)

"Arrabal amargo", Carlos Gardel from Marygrange on Vimeo.